Hmmmm...rien n'est tout noir ni tout blanc. Le père O'Burn avait raison, je ne pouvais en vouloir à ces âmes perdus... La religion avait finit par tous nous monter la tête... En quoi croyons nous au final? Dieu... D.I.E.U...Être appartenant au monde supérieur ou inférieur, doué de qualités de transcendance qui le font coexister avec des êtres de même rang et doté d'attributs, notamment anthropomorphes, se manifestant dans ses missions auprès des hommes, avec lesquels il entre en relation pour orienter leur existence ou pour satisfaire son besoin de communication et dont il reçoit l'hommage cultuel. Jolie définition, mais le dictionnaire ne me permettait pas d'en apprendre plus sur celui en qui je croyais...Enfin en qui je crois...
Xiahoan sortit de la douche. Son air las et détaché avait laissé place à une incertude perceptible. L'homme avait maigri mais son corps musclé laissait comprendre qu'il pratiquait intensément le Kung-Fu. Il prit sa serviette et se sécha les cheveux avec vigueur. Il se regarda dans la glace. Son visage semblait avoir sensiblement vieillit, ses traits étant nettement plus marqué. Une chaleur désagréable se faisait sentir dans ces mains. Xiahoan repensa au sang de sa fille coulant dans ses mains. Les larmes lui montèrent aux yeux mais il sut se contenir. Il sombra peu à peu dans l'inconscience et repensa à ce qui s'était passé. Une douleur se fit sentir dans le creu de ses deux mains. Xiaohan se frotta la paume comme pour faire disparaitre la douleur. Au moment où il passa son doigt sur le centre de sa paume, il y trouva un trou. Pris de panique, il passa sa main sous l'eau comme pour laver la plaie. Il regarda sa main et n'y vit absolument rien.
Et voila que je deviens fou maintenant...
La télévision était allumé dans le salon sans pour autant qu'il y prête attention. Depuis la disparition de sa femme, Xiahoan trouvait rassurant d'entendre une voix féminine dans ce grand appartement. Il laissait donc le téléviseur constamment allumé sur la chaîne d'information nationale.
“Dans l'actualité de ce 13 janvier 2008, les affrontements opposant les forces de l'ONU et les forces armées iraniennes s'intensifient. La France et l'Allemagne ont cependant décidé de retirer une partie de leurs troupes afin de lutter contre l'organisation terroriste Tehowr. Rappelons que ces deux pays sont les plus touchés par les actes d'exterminations religieuses ces six derniers mois.”
La France s'était mêlée à ce conflit bien trop tôt. Et voila qu'elle s'en retire... Si seulement nous n'y étions pas allé... Les forces de l'ordre ne sont plus capable de faire face à la menace. L'état d'urgence n'a pas été déclaré mais pourtant c'est une véritable guerre qui règne dehors. Plus personne ne sort de chez lui sans avoir peur de mourir au prochain coin de rue.
Du haut de sa tour d'une vingtaine d'étage, Xiahoan regardait par la fenêtre. Paris semblait si calme et paisible. Pourtant, des massacres avaient lieu chaque minute, chaque seconde. Quand tout cela s'arrêterait il?
Xiahoan regarda l'heure et se dit qu'il était temps pour lui de partir à son entrainement de Kung-Fu devenu quotidien. Il descendit dans la rue et se rendit le plus vite possible à sa voiture. Il n'avait pas particulièrement peur, mais ne souhaitait pas s'attirer des ennuis. La rue avait muté en si peu de temps. Partout, des hommes et des femmes faisant partit du Tehowr observait les passants. Il était cependant difficile de les repérer, aucun signe ne permettant de les distinguer des autres.
Xiahoan monta dans sa voiture. Il alluma le poste de radio ainsi qu'une cigarette. Sa vieille Renault 19 démarra non sans peine et sortit du parking. A son arrivé à la salle d'entraînement, Xiahoan fut choqué. La batîsse avait été mis à sac. Les vitres étaient cassées, la porte enfoncée, la salle d'entraînement saccager. Etait ce les méfaits des Tehowr ou simplement de malfrat qui profitait de la situation?
Un cri retentit dans les vestiaires du petit gymnase. Non sans réfléchir, Xiahoan se dirigea rapidement vers les vestiaires. La peur au ventre, il pensait se diriger vers une mort certaine. Lorsqu'il entra dans la petite pièce mal éclairé, il vit une dame d'un certain âge au prise avec deux hommes entièrement voilés. Il reconnut la vieille dame. Elle faisait partie du service de la ville de Paris et s'occupait de l'administration de cette salle. Elle tenait en main un chapelet qu'elle avait pour habitude de porter autour du cou. L'un des hommes la gifla violement et sortit un couteau. Le deuxième remarqua la présence de Xiahoan et se tourna vers lui.
“- Voila de la visite...” dit il d'une voix profonde.
Il fondit sur l'asiatique et lui décocha un coup de poing dans le ventre. Surpris, il s'effondra. L'homme voilé se déchaîna alors sur lui, le battant quasiment à mort. La tête contre le sol, Xiahoan cracha du sang. Il était incapable de réagir. Ces mains lui faisait horriblement mal. Il ne trouvait aucun courage en lui, toute forme d'espoir semblait l'avoir abandonné. Un dernier coup de pied vint l'achever.
L'homme voilé retourna auprès de la vieille dame et sortit lui aussi un couteau. Elle ne semblait pas avoir peur. D'un grand geste le bourreau de Xiahoan trancha la main de la vieille dame.
Elisa...elle s'appelle Elisa...
La main crispé tomba au sol et le chapelet vint rouler près de la tête de Xiahoan. Elisa laissa échapper un cri de douleur. La deuxième brute, elle aussi armé d'un couteau, souleva la dame agonisante.
Elisa...Elisa...
La main armée s'apprêta à donner un violent coup de couteau dans l'abdomen de la vieille dame.
“- En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père.”
Surpris, les deux hommes voilés se retournèrent. Xiahoan se trouvait debout, aucune trace de blessure visible. Sa voix semblait avoir changée.
“- Comment ?” s'exclama l'un des hommes.
Se furent ses derniers mots. Un nuage de grêle s'abbatit sur les deux hommes, les perforant de toute part et ne laissant qu'un amas de chair informe. Xiahoan s'approcha de la dame, saisit son bras ensanglanté. Le sang s'arrêta de couler.
Dans un dernier soupire, il s'écroula et sombra dans un profond coma...
illustration de snada
